**** LE CASQUE BLEU ****
Il fut enrolé pour défendre son pays
Envoyé dans la contrée où ses racines ont jailli
Pour servir sous le drapeau tricolore avec honneur
Ne sachant pas encore que dans cette banière trois couleurs
Se cachaient la souffrance, le malheur, l'horreur
Tout juste sorti de l'adolescence
On lui ordonna , aux autres de faire violence
Pour protéger sa vie, celle de ses compagnons
Ou tout simplement, un camion bondé de munitions
Quand il a fallu sur une cible mouvante, tirer
Le clic de la gachette brutalement son âme a déchiré
Une parcelle de son coeur comme un obus a éclaté
Et la grenaille à tout jamais son esprit à blessé
Ses nuits sans sommeil devinrent peu à peu cauchemards
Son casque bleu n'était plus de la paix, l'étendard
Car les ordres supérieurs étaient de tuer sans hésiter
Son propre sang faire couler
En face il n'y avait plus d'homme, d'humanité
Juste un ennemi implacable qu'il fallait débouter
Pour conjurer la peur qui tordait les entrailles
Pour le jeter sans crainte dans l'assassine bataille
Le régiment par des drogues était anesthésié
Afin d'affronter le feu, ne pas penser, la raison aliéner
Un matin funeste, dans le sourd grondement des canons
Couvrant les cris d'angoisse, les jurons
Une balle d'acier, froide, meurtrière, vint dans son épaule se loger
De terreur, de souffrance, sa plainte vers le ciel s'est élevée
Quand il a su, il a pleuré
Un des ses camarades, malencontreusement, sur lui avait tiré
Dans la panique, d'objectif il s'était trompé
Alors, son esprit de haine s'est enflammé
Il venait d'être payé chèrement, dédommagé
Pour avoir défendu sa patrie avec courage
Elle qui envoyait des jeunes gens à la fleur de l'âge
Se faire occire, infliger à leur prochain tant d'outrages
Cette blessure bien que, avec le temps, refermée
Saigne encore parfois ; ne peut définitivement se cicatriser
Sa jeunesse, son âme pure par ce casque ont été brisées
Sa vie, par de perpétuels remords, depuis est hantée
La guerre et son atrocité avait transformé
Le petit soldat valeureux en un redoutable guerrier
Depuis, il erre,seul dans le vent
A la recherche du pur amour inconsciemment
Son coeur est à la fois si vide, si grand
Que le désert pourrait s'y engloutir en un instant
Et il attend, confiant, parfois désespéré
Scrute inlassablement l'horizon pour voir se dessiner
La voile de l'aimée, objet de ses rêves enfiévrés
Casque bleu du courage
Casque bleu de l'outrage
Espère qu'une douce main viendra frapper
Tendrement à la porte de son coeur entrebaillée
Guerrir son âme lacérée, cette plaie effacer.
texte gentillement offert par la petite fée des marais ;o))